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Un jeudi matin au Palais Fédéral ...

(Conseil National, jeudi 3 juin 2009)

Intervention parlementaire du Conseiller National Oskar Freysinger concernant, entre autres,  l'affaire des fichiers à caractère pédophiles à la RSR.

Oskar FreysingerMon intervention de ce jour concerné un domaine dans lequel je m'engage depuis des années et qui n'a toujours pas trouvé de réponse satisfaisante.

II s'agit d'abord du problème de la récidive dans le cas de criminels pulsionnels.

Durant la session de printemps, ce parlement a refusé pour cinq petites voix une initiative parlementaire déposée par mes soins et qui demandait un suivi obligatoire des acteurs d'actes violents d'ordre pulsionnel avec risque élevé de récidive. Une semaine plus tard, une adolescente fribourgeoise du nom de Lucie se faisait étrangler par un maniaque qui était passé à travers les mailles du système.

En mémoire de Lucie et pour que sa mort horrible ne soit pas passée par pertes et profit, je reviens aujourd'hui à la charge. De nouveau, le gouvernement me répond que l'arsenal de mesures est suffisant, qu'on ne peut pas, qu'il ne faut pas, que c'est problématique, et j'en passe. A chaque nouveau drame, c'est la même chose : L'Etat se lave les mains, avance son mirobolant faisceau de mesures et dit qu'il n'y est pour rien si la réalité ne se plie pas à l'esprit de ses lois.
Je trouve cela un peu court.
C'est pourquoi je demande, à travers la motion 09.3246 déposée au nom du groupe UDC, qu'un suivi obligatoire dans les cas de criminels pulsionnels soit ordonnée et que la procédure soit retournée : Le juge pourrait uniquement décider de l'abandon du suivi dès lors que le criminel ne représente à coup sûr plus le moindre danger pour ses concitoyens. C'est simple et précis et je vous demande instamment d'accepter cette motion pour éviter des cas regrettables comme celui de Lucie dans le futur.

Lié à cette problématique, je relève également l'interpellation de Natalie Rickli qui fait suite à une autre initiative déposée par mes soins et refusée par ce conseil il y deux ans. II s'agit de conserver, dans un registre, des traces des forfaits commis par des criminels pulsionnels violents qui ont souvent un taux de récidive élevé.

Le principe me semble être parfaitement justifié, car comment voulez-vous éviter une récidive lorsqu'un pédo-criminel, par exemple, quitte un canton et trouve un emploi ailleurs où l'on ne sait strictement rien de ses antécédents ?

C'est tout bonnement irresponsable et j'espère que le législateur saura trouver un moyen pour éviter ce genre de dysfonctionnements, qui se sont produits à plusieurs reprises par le passé. Dans son interpellation, ma collègue Natalie Rickli demande que les données concernant les criminels pulsionnels violents figurent dans le registre Viclas. Cela permettrait également une investigation plus performante.

Dernier aspect que je voudrais traiter ici :

Le dossier des fichiers pédo-criminels à la Radio Suisse Romande

J'éprouve un profond malaise lorsque je constate que celui qui a dénoncé l'infraction se retrouve licencié et lui-même soumis à une batterie de plaintes dont le but semble être de le réduire au silence. Dans ce dossier, le gouvernement a donné une réponse de Normand à mon interpellation 08.3539. Aucune réponse quant à l'identité des enfants figurant dans ce fichier et quant à la démesure des moyens financiers - évidemment des fonds publics - utilisés pour neutraliser celui par qui le scandale est arrivé. Pendant que je vous parle, dix, vingt, peut-être trente enfants, sans doute suisses et certains habitant au Canton de Vaud sont toujours entre les mains de leurs prédateurs.

Certes, un Juge d'instruction instruit, depuis... février 2008, mais rien ne change !
Aucune perquisition, ni arrestation, ni intervention de la Protection de la jeunesse, ou même un Point de presse pour informer de l'avancement de l'enquête.

Quant au volet financier, les dépenses extraordinaires de la direction de la SRG SSR pour traiter l'affaire dite "Jorge Resende" se montent déjà à plus de deux millions de francs pour indemniser le cadre en possession des photos pédo-criminelles parti avec un parachute doré, défrayer un ancien juge cantonal pour son enquête extrajudiciaire, payer les centaines d'heures des collaborateurs et cadres ayant participé à cette enquête, infiltrer le site Internet de la famille Resende afin de la déstabiliser et dénigrer, financer les nombreuses séances internes réunissant tous les départements de la RSR afin de briser toute volonté de soutien, défrayer les Sécuritas supplémentaires censés protéger la RSR 24h/24 contre les actions d'un soit disant « fou dangereux » et financer avocats et juristes pour des plaintes et des mesures pré-provisionnelles arbitraires, afin de mettre la famille Resende financièrement à genoux.

Pendant ce temps, rien ne se passe sur le front du délit réel qui touche les enfants !

Chers collègues, cela méritait d'être dénoncé à cette tribune.

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